La tolérance dépend de l'épaisseur
Annoncer un chiffre unique serait trompeur. La précision se resserre sur les tôles minces de 1 à 6 mm et se relâche en montant en épaisseur, parce que le faisceau s'élargit et que la chaleur a plus de matière à traverser. Les ordres de grandeur publiés par Xometry, Protolabs et Hubs convergent vers ces plages.
Le trait de coupe (kerf)
Le faisceau vaporise une bande de matière de 0,15 à 0,30 mm de large au laser fibre, parfois moins de 0,1 mm sur les tôles très fines selon Sculpteo. La machine compense ce trait par défaut, mais un bureau d'études averti garde en tête que la cote interne d'une fente ou d'un perçage s'écarte légèrement du tracé brut. Sur des pièces qui s'emboîtent, ce détail décide de l'ajustement.
Les classes ISO 2768
La norme ISO 2768 fixe les tolérances générales appliquées aux cotes sans indication particulière. Quatre classes existent : fine (f, ±0,05 mm), moyenne (m, ±0,1 à ±0,15 mm), grossière (c, ±0,2 à ±0,4 mm) et très grossière (v). La quasi-totalité des plans de tôlerie référence la classe m, souvent notée ISO 2768-mK avec un niveau géométrique moyen.
Ce qui dégrade la précision
- Conicité du trait : sur les fortes épaisseurs, la coupe prend un léger angle.
- Zone affectée thermiquement : acier et inox se dilatent, l'aluminium se contracte au refroidissement.
- Déformation thermique : une tôle de moins de 1 mm peut onduler sous la chaleur.
- Matériaux réfléchissants : l'aluminium et le cuivre absorbent peu, ce qui complique le réglage et la précision.
Pour une pièce destinée au pliage, ces tolérances de découpe s'ajoutent à celles du pli : voir le guide pliage et mise à plat. Le choix du matériau influe aussi sur la précision atteignable, détaillé dans les fiches matériaux.